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Élèves formés
Un professeur du secondaire de Montréal sauve la vie d’un collègue en effectuant la manœuvre de Heimlich

Le professeur d’éducation physique n’avait cependant pas prévu qu’il aurait à sauver la vie d’un collègue et ami.

Serge, 34 ans, et le professeur Michel, 43 ans, participaient à une sortie de classe d’une journée avec leurs élèves de secondaire 5 de l’école secondaire Cavelier-de-LaSalle, à LaSalle, quand ils ont décidé de s’arrêter pour dîner, en attendant que les autres élèves rattrapent le groupe.

« C’était une sortie stressante », de dire Michel, en soulignant qu’il prenait de grosses bouchées dans son sandwich roulé au poulet et se dépêchait de finir de dîner, au cas où il devrait aller au devant des retardataires.

Serge ne portait guère d’attention à son ami, jusqu’à ce que celui-ci commence tout à coup à émettre des râles d’étouffement. Voyant que son collègue s’inquiétait pour lui, Michel lui a fait signe que tout allait bien et qu’il n’avait pas besoin d’aide. « Je ne me rendais pas compte que quelque chose n’allait pas du tout », ajoute Michel.

Serge s’est souvenu de la formation de secourisme que Michel et lui avaient reçue, en mai 2005, dans le cadre du programme de formation des enseignants d’ACT. Cette formation est conçue pour donner aux enseignants des connaissances de base en RCR et d’autres connaissances en secourisme (notamment la manœuvre de Heimlich), afin qu’ils puissent les enseigner à leurs élèves.

Serge est resté près de la victime pour surveiller la situation, sachant que les choses pouvaient s’aggraver.

Et c’est ce qui s’est produit.

Le visage de Michel est devenu très pâle, puis tout rouge quand celui-ci s’est mis à essayer de recracher la nourriture qui l’étouffait. Quand Michel est devenu bleu et qu’il a cessé d’émettre des sons, Serge a compris qu’il devait agir.

Les voies respiratoires de son ami étaient complètement obstruées.

« Je me disais qu’il allait bien, mais lorsqu’il a arrêté de respirer et d’émettre des sons, j’ai compris que je devais faire quelque chose, poursuit Serge. Je me suis carrément dit qu’il avait des problèmes et qu’il fallait que je l’aide. »

Serge a commencé à effectuer la manœuvre de Heimlich. Grâce à sa formation, il a eu suffisamment confiance en ses moyens pour ne pas hésiter. « Je me suis dit soit que je lui ferais recracher le morceau, soit que je lui casserais une côte, mais que je devais faire quelque chose », ajoute-t-il. Rien ne s’était passé après plusieurs poussées abdominales, mais Serge ne s’est pas découragé. Après une autre poussée, Michel a recraché la nourriture qui l’étouffait.

« Si je n’avais pas suivi le cours d’ACT, je n’aurais peut-être pas été capable d’aider », poursuit Serge.

Le fait de savoir qu’il a contribué à sauver la vie de son ami a touché Serge. « Je ne me suis pas senti différemment au moment de l’incident; c’est par la suite que je me suis senti très ému, explique-t-il. Michel est un bon ami à moi. »

Michel s’est senti tout à fait bien, dès que la bouchée de sandwich a été délogée de sa gorge. Les autres élèves ont rattrapé le groupe peu de temps après et tous sont retournés à l’école en toute sécurité.

L’incident a permis aux deux enseignants de comprendre, pour avoir vécu une telle situation, la véritable valeur du Programme de RCR au secondaire d’ACT. « Nous ne faisons qu’enseigner aux jeunes des connaissances de base, de façon à ce qu’ils puissent être en mesure d’aider une personne en situation de détresse », de dire Serge.

« L’enseignement de la RCR dans les écoles est une excellente idée. Est-ce que ça peut aider à sauver des vies? Certainement, croyez-moi », ajoute Michel.

La Fondation des soins avancés en urgence coronarienne (ACT) est un organisme caritatif national, primé, qui s’emploie à instaurer l’enseignement de la RCR dans les écoles secondaires du Canada. ACT recueille des fonds pour assurer la formation des enseignants et procurer aux écoles les mannequins, les manuels et le reste du matériel nécessaires; en outre, la fondation aide les écoles à mettre le programme sur pied et à assurer sa viabilité à long terme. Jusqu’à maintenant, plus de 900 000 jeunes ont été formés en RCR grâce à ce programme de secourisme.nadians to save lives.